FAQ · Conduite des relations de travail
Salarié déclaré inapte : quelle procédure l’employeur doit-il suivre, étape par étape ?
Par Alexandre Frech, avocat au Barreau de ParisMis à jour le 28 septembre 2026
L’avis d’inaptitude et la dispense
Le médecin du travail ne déclare l’inaptitude qu’après une étude de poste, un échange avec le salarié et avec l’employeur, et le constat qu’aucun aménagement, adaptation ou transformation du poste occupé n’est possible ; l’avis est éclairé par des conclusions écrites assorties d’indications relatives au reclassement. L’employeur est dispensé de toute recherche seulement lorsque l’avis porte l’une des deux mentions expresses prévues par la loi : que tout maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé, ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement dans un emploi.Le périmètre de la recherche de reclassement
Hors cette hypothèse, la recherche s’impose. Son périmètre est l’entreprise et, le cas échéant, les entreprises du groupe situées sur le territoire national dont l’organisation, les activités ou le lieu d’exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. L’emploi proposé doit être aussi comparable que possible au précédent, au besoin par des mutations, aménagements, adaptations ou transformations de postes existants ou un aménagement du temps de travail. La proposition est faite après avis du comité social et économique lorsqu’il existe ; sa mise en place n’est obligatoire que si l’effectif d’au moins onze salariés est atteint pendant douze mois consécutifs. L’impossibilité de reclasser doit être notifiée par écrit au salarié, avec les motifs qui s’y opposent.Délai d’un mois et procédure de rupture
Le calendrier est contraint : à l’issue d’un délai d’un mois à compter de l’examen de reprise, le salarié ni reclassé ni licencié retrouve droit au salaire de son ancien emploi. L’employeur ne peut rompre qu’en justifiant de l’impossibilité de reclassement, du refus de l’emploi proposé ou de la dispense expresse, et il suit alors la procédure du licenciement pour motif personnel.Indemnités dues et pièges habituels
Les indemnités diffèrent selon l’origine de l’inaptitude : indemnité légale ou conventionnelle lorsqu’elle n’est pas professionnelle, indemnité spéciale doublée et indemnité compensatrice équivalente au préavis lorsqu’elle l’est. Les pièges habituels sont connus : recherche purement formelle limitée à un courriel circulaire, consultation du comité postérieure aux propositions ou omise, lettre de rupture qui ne motive pas l’impossibilité de reclassement, indemnité calculée sur le mauvais régime. Si l’inaptitude est d’origine professionnelle, la méconnaissance des règles de reclassement permet au juge de proposer la réintégration ; à défaut, il alloue une indemnité au moins égale aux salaires des six derniers mois, cumulable avec les indemnités de l’article L.1226-14. Si elle n’est pas professionnelle, le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse et l’indemnité suit le barème de l’article L.1235-3.Questions proches · Conduite des relations de travail
- Comment l'entreprise prévient-elle le risque de discrimination et se défend-elle d'une accusation ?
- Comment sécuriser une procédure de licenciement disciplinaire ?
- Quelles sont les étapes obligatoires d'un licenciement pour motif personnel ?
- Inaptitude : quels sont les droits du salarié et que peut-il contester ?
- Quelles sont les obligations de l'employeur en cas de signalement de harcèlement ?
- Dans quels cas le CSE doit-il être consulté ?
Vous êtes salarié, cadre ou dirigeant : l’accompagnement des salariés en droit du travail à Paris. Vous êtes employeur : l’accompagnement des entreprises en droit du travail à Paris.
Vous n’avez pas trouvé ? Posez votre question
Cette réponse est générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé : il suppose l’examen de vos pièces et de votre procédure.
