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Foire aux questions

Questions fréquentes,
réponses directes.

Plus de soixante-dix questions et réponses sourcées sur le droit du travail français, à l’usage des employeurs, des salariés, des dirigeants et des représentants du personnel. Chaque réponse cite les fondements légaux et, lorsque la notion est d’origine prétorienne, la jurisprudence pivot. Ces réponses ne constituent pas un conseil juridique personnalisé.

43 questions affichées · vue active : Côté employeur

Conduite des relations de travail.

37 questions

Comment sécuriser une procédure de licenciement disciplinaire ?
Séquence stricte : convocation par recommandé ou remise en main propre, au moins 5 jours ouvrablesavant l’entretien ; entretien au cours duquel l’employeur expose les motifs et recueille les explications du salarié (qui peut se faire assister) ; notification écrite et motivée par recommandé, au plus tôt 2 jours ouvrables et au plus tard un mois après l’entretien. Au-delà du formalisme, la sécurisation suppose un dossier matériellement et chronologiquement étayé : le motif doit être vérifiable et la sanction proportionnée.Art. L. 1232-2 et s. C. trav. · Art. L. 1332-2 C. trav. (procédure disciplinaire)
Quelles sont les étapes obligatoires d'un licenciement pour motif personnel ?
Quatre étapes obligatoires : (1) convocation à entretien préalable, avec un délai d’au moins 5 jours ouvrablesavant l’entretien ; (2) entretien au cours duquel les motifs sont exposés et le salarié peut être assisté ; (3) notification écrite et motivée par recommandé avec AR, au plus tôt 2 jours ouvrables après l’entretien, au plus tard un mois (lorsqu’un motif disciplinaire est invoqué) ; (4) exécution du préavis et remise des documents de fin de contrat.Art. L. 1232-2 à L. 1232-6 C. trav. · Art. L. 1234-1 et s. (préavis)
Quand l'inaptitude médicale du salarié justifie-t-elle un licenciement ?
L’employeur doit rechercher un poste de reclassement compatible avec les préconisations du médecin du travail (art. L. 1226-2 origine non pro, L. 1226-10 origine pro). Consultation du CSE obligatoire (sauf moins de 11 salariés). Le licenciement n’est possible qu’à défaut de reclassement ou en cas de refus du salarié d’un poste adapté. Si l’inaptitude résulte d’un harcèlement ou d’une discrimination, le licenciement est nul. L’indemnité est doublée pour une inaptitude d’origine professionnelle.Art. L. 1226-2 et s. C. trav. · Art. L. 1226-10 et s. C. trav.
Quelles sont les obligations de l'employeur en cas de signalement de harcèlement ?
L’employeur est tenu d’une obligation de prévention du harcèlement (L. 1152-4) et d’une obligation de sécurité de moyens renforcée. Sur signalement : prendre toute mesure utile pour faire cesser les agissements et procéder à une enquête sérieuse, contradictoire et impartiale. La jurisprudence sanctionne autant l’absence de réaction que la mauvaise gestion de l’enquête. À défaut, responsabilité contractuelle engagée, indépendamment de la qualification des faits. Le refus de l’enquête ou la sanction du lanceur d’alerte caractérisent une faute autonome.Art. L. 1152-4 C. trav. · Art. L. 4121-1 C. trav. · Cass. soc., 27 nov. 2019, n° 18-10.551
Dans quels cas le CSE doit-il être consulté ?
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, consultation sur trois blocs : orientations stratégiques (L. 2312-24),situation économique et financière (L. 2312-25),politique sociale, conditions de travail et emploi(L. 2312-26). Consultation ponctuelle avant toute décision portant sur l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise (réorganisations, PSE, transferts, modifications importantes). En entreprise de moins de 50 salariés, attributions principalement réclamations individuelles et collectives.Art. L. 2312-1 et s. C. trav. · Art. L. 2312-8 (marche générale)
Qu'est-ce qu'un salarié protégé et comment le licencier ?
Le salarié protégé est titulaire d’un mandat (CSE, délégué syndical, conseiller prud’homal, etc.). Sa rupture suppose obligatoirement l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail, après consultation du CSE (motifs disciplinaires ou non liés au mandat). Procédure en trois temps : entretien préalable et consultation du CSE ; demande motivée à l’inspecteur ; notification au salarié seulement après autorisation. Toute rupture sans autorisation est nulle ; réintégration possible avec indemnité forfaitaire.Art. L. 2411-1 et s. C. trav. · Art. L. 2421-1 et s. C. trav. (procédure)
Comment choisir entre CDI, CDD, intérim ou contrat d'alternance ?
CDI = contrat de droit commun. CDD = dérogatoire, autorisé uniquement dans les cas limitativement énumérés (remplacement, accroissement temporaire, saisonnier, contrat d’usage), durée maximale en principe 18 mois renouvellements compris. Hors de ces cas : requalification en CDIavec indemnité d’au moins un mois. L’intérim répond aux mêmes cas, mais en relation triangulaire (utilisateur, ETT, salarié) avec risque de requalification de l’utilisateur. L’alternance (apprentissage, professionnalisation) ouvre des aides mais impose convention de formation et tuteur identifié.Art. L. 1242-1 et s. C. trav. (CDD) · Art. L. 1251-1 et s. C. trav. (intérim) · Art. L. 6221-1 et s. C. trav. (apprentissage)
Quelles sont les règles de la période d'essai côté employeur ?
Stipulation expresse au contrat obligatoire. Durée max légale : 2 mois (ouvriers/employés), 3 mois (techniciens/agents de maîtrise), 4 mois (cadres), renouvellement possible si CCN étendue et contrat le prévoient + accord écrit. Rupture libre, mais non discriminatoire ni détournée de l’objet (évaluer les compétences). Délai de prévenance : 24 h à 1 mois selon ancienneté. Son non-respect ouvre droit à indemnité compensatrice, sans reporter la fin du contrat.Art. L. 1221-19 et s. C. trav. · Art. L. 1221-25 C. trav. (délai de prévenance)
Comment identifier la convention collective applicable à l'entreprise ?
Convention applicable = celle correspondant à l’activité principale réellede l’entreprise, identifiée par le code APE/NAF puis vérifiée au regard du champ d’application. L’IDCCfigure obligatoirement sur le bulletin de paie. En cas de pluralité possible, l’activité principale prime. Application volontaire possible (avec engagement contractuel). Erreur d’application : rappels (salaires, primes, indemnités, congés). Vérification annuelle recommandée après toute réorganisation.Art. L. 2261-2 C. trav. · Art. R. 3243-1 C. trav. (mention IDCC sur bulletin)
Quelles sont les mentions obligatoires d'un contrat de travail solide ?
Le contrat écrit est obligatoirepour le CDD, le temps partiel, l’intérim. En CDI, la directive 2019/1152 impose une information écrite (identité, lieu, fonction, classification, date, durée, rémunération, CCN). Stipulations utiles : période d’essai(obligatoire si voulue), objectifs, non-concurrence, mobilité, confidentialité, dédit-formation. Chaque clause doit respecter ses conditions de validité (proportionnalité, contrepartie, limites de temps et d’espace), sinon elle est privée d’effet.Directive (UE) 2019/1152 du 20 juin 2019 · Art. L. 1221-3 C. trav. · Cass. soc., 10 juill. 2002, n° 00-45.135 (clauses)
À quelles conditions un forfait jours est-il valable ?
Trois conditions cumulatives : accord collectif (branche ou entreprise) couvrant catégories, nombre de jours, modalités de suivi ; convention individuelle écrite avec chaque salarié ; et surtout suivi effectif de la charge de travail (entretien annuel obligatoire, garantie du repos). À défaut, le forfait est privé d’effet : retour au droit commun du temps de travail, paiement des heures supplémentaires sur 3 ans. Provision nécessaire dans les comptes.Art. L. 3121-58 et s. C. trav. · Cass. soc., 29 juin 2011, n° 09-71.107
Comment distinguer modification du contrat et simple changement des conditions de travail ?
Modification du contrat = élément essentiel (rémunération, qualification, durée, lieu sans clause de mobilité) : accord exprès du salarié obligatoire ; refus non fautif. Changement des conditions de travail= pouvoir de direction (horaires dans la même plage, tâches dans la qualification, lieu dans le même secteur géographique) : s’ impose au salarié, refus sanctionnable. La frontière dépend de l’élément concerné, de la portée du changement et des stipulations. Qualification erronée : licenciement sans cause réelle et sérieuse.Cass. soc., 10 juill. 1996, n° 93-41.137
Quelle est l'étendue du pouvoir disciplinaire et la gradation des sanctions ?
Pouvoir disciplinaire encadré par le règlement intérieur et la CCN. Gradation classique : avertissement, blâme, mise à pied disciplinaire, mutation, rétrogradation, licenciement. Interdits : sanction pécuniaire, sanctions discriminatoires ou collectives. Procédure : faits précis (prescription 2 mois), convocation, entretien préalable, notification dans 1 mois maximumaprès l’entretien, motivation précise. Défaut : annulation, voire requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.Art. L. 1331-1 et s. C. trav. · Art. L. 1332-2 et L. 1332-4 C. trav.
Quelle différence entre mise à pied conservatoire et mise à pied disciplinaire ?
Mise à pied conservatoire = mesure provisoireen attente d’une procédure disciplinaire engagée à brève échéance ; rétribuée si la faute n’est pas retenue. Mise à pied disciplinaire = sanction suspendant le contrat sans rémunération, dans la limite du règlement intérieur. Confusion fréquente : conservatoire prononcée sans procédure à brève échéance = requalification en disciplinaire, ce qui interdit le licenciement subséquent pour les mêmes faits.Art. L. 1332-3 C. trav. · Cass. soc., 4 déc. 2012, n° 11-27.508
Comment l'employeur doit-il assurer le suivi du temps de travail ?
Décompte individuel obligatoire pour les salariés hors horaires collectifs (par jour, par semaine, récapitulatif). La directive 2003/88 impose un système objectif, fiable, accessiblemesurant la durée journalière du temps de travail. À défaut, en cas de contentieux sur les heures supplémentaires, le salarié présente des éléments précis et c’ est à l’employeur d’y répondre. Cause majeure de condamnation lorsque le décompte est défaillant.Art. L. 3171-2 et L. 3171-4 C. trav. · Directive 2003/88/CE · CJUE, 14 mai 2019, C-55/18 (CCOO) · Cass. soc., 18 mars 2020, n° 18-10.919
Quelles sont les règles encadrant la surveillance des salariés (RGPD, CSE, charte) ?
Trois corps de règles cumulatifs : RGPD(registre, analyse d’impact, base légale, information), code du travail (proportionnalité, but légitime, information individuelle préalable), et consultation du CSEavant déploiement. Une charte informatique annexée au règlement intérieur sécurise l’usage. Manquement = preuves irrecevables, sanctions CNIL, condamnations prud’homales. Charge de la conformité = sur l’employeur.RGPD (Règlement UE 2016/679) · Art. L. 1121-1 et L. 1222-4 C. trav. · Art. L. 2312-38 C. trav. (consultation CSE)
Quelle est la procédure d'un licenciement pour motif économique ?
Motif limité aux cas légaux : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité, cessation d’activité. Étapes : justification au bon périmètre, recherche active de reclassement, application des critères d’ordre, consultation du CSE selon les seuils, notification individuelle. 2-9 sur 30 jours : procédure simplifiée. ≥ 10 sur 30 jours dans entreprise ≥ 50 salariés : PSE obligatoire. Défaut : licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire nullité.Art. L. 1233-3 et s. C. trav. · Art. L. 1233-4 C. trav. (reclassement) · Art. L. 1233-5 C. trav. (critères d'ordre) · Art. L. 1233-61 et s. C. trav. (PSE)
Quels sont les seuils, le contenu et la procédure d'un PSE ?
Seuil : 10 licenciements sur 30 jours dans une entreprise ≥ 50 salariés. Contenu : mesures de reclassement interne et externe, indemnités majorées, critères d’ordre. Procédure : négociation avec les OSR ou, à défaut, document unilatéral. Contrôle par la Dreets (homologation/validation), recours devant le tribunal administratif. Contestation par les salariés : 2 mois. Nullité du PSE = nullité des licenciements.Art. L. 1233-61 et s. C. trav. · Art. L. 1233-61 C. trav. (seuil entreprise PSE) · Art. L. 1235-7-1 C. trav. (délai 2 mois)
Quel est l'intérêt d'une rupture conventionnelle pour l'employeur, et quels sont les risques ?
Intérêt : sécurité juridique (pas de motif à justifier), prévisibilité du coût, maintien de l’image. Risques de nullité : conclusion sous contrainte (harcèlement, pression), rupture conventionnelle utilisée pour purger un litige préexistant, non-respect du délai de rétractation 15 jours, indemnité inférieure au légal, refus d’homologation. La nullité produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.Art. L. 1237-11 et s. C. trav. · Cass. soc., 30 janv. 2013, n° 11-22.332 (vice du consentement)
Comment rédiger une transaction sécurisée pour solder un litige ?
Conclue après notification de la rupture (jamais avant), par écrit, avec des concessions réciproques. Rédaction : lister les chefs litigieux soldés (rupture, heures sup, primes, harcèlement, etc.), expliciter le caractère exprès des concessions, mentionner « solde de tout compte » et l’effet de chose jugée. Fiscal : l’indemnité de réparation peut être exonérée d’ IR et de cotisations dans des limites ; l’indemnité de salaire est imposable.Art. 2044 et s. C. civ. · Art. 80 duodecies CGI (régime fiscal)
Quels documents l'employeur doit-il remettre à la fin d'un contrat de travail ?
Quatre documents à remettre à la rupture : certificat de travail, reçu pour solde, attestation France Travail (à transmettre aussi dématérialisée), récapitulatif droits à formation. Plus le bulletin de paie final. Sommes dues : salaire prorata, congés payés, préavis le cas échéant, indemnité de rupture. Retard ou défaut : dommages-intérêts (notamment perte d’allocation chômage si attestation tardive).Art. L. 1234-19 C. trav. (certificat de travail) · Art. L. 1234-20 C. trav. (reçu pour solde) · Art. R. 1234-9 C. trav. (attestation France Travail)
Comment se calcule l'indemnité de licenciement et quels sont les régimes social et fiscal ?
Légale : à partir de 8 mois d’ancienneté (sauf faute grave ou lourde), 1/4 de mois par an pour les 10 premières années, 1/3 au-delà. Salaire de référence : moyenne 12 derniers mois OU tiers des 3 derniers (le plus avantageux). CCN peut prévoir plus. Social : exonération jusqu’à 2 PASS. Fiscal : exonération d’IR dans la limite la plus élevée entre le minimum conventionnel/légal, le double de la rémunération annuelle ou la moitié de l’indemnité, plafond 6 PASS.Art. L. 1234-9 et R. 1234-2 C. trav. · Art. R. 1234-4 C. trav. (salaire de référence) · Art. 80 duodecies CGI · Art. L. 242-1 CSS
À partir de quel seuil le CSE doit-il être mis en place et comment se déroulent les élections ?
CSE obligatoire dès 11 salariés sur 12 mois consécutifs. En-dessous de 50 salariés : prérogatives limitées (réclamations, prévention). Au-delà : compétence économique, sociale, conditions de travail. Élections tous les 4 ans(sauf accord plus court), scrutin à deux tours à la proportionnelle. Information du personnel + invitation des OS à négocier le protocole préélectoral. Défaut d’organisation = délit d’entrave et dommages-intérêts.Art. L. 2311-2 C. trav. · Art. L. 2314-1 et s. C. trav. (élections) · Art. L. 2317-1 C. trav. (sanctions)
Quelles sont les consultations obligatoires du CSE chaque année ?
Trois consultations récurrentes annuelles dès 50 salariés : orientations stratégiques, situation économique et financière, politique sociale. Plus les consultations ponctuelles obligatoires(restructuration, plan de licenciement, nouvel outil de surveillance, modification d’horaires collectifs, APC). Défaut = délit d’entraveet suspension judiciaire possible du projet. Recours à expertise possible (financement par l’employeur partiel ou total selon le sujet).Art. L. 2312-17 et s. C. trav. · Art. L. 2315-78 et s. C. trav. (expertise)
Comment se négocie et se valide un accord d'entreprise ?
Négociation prioritaire avec les délégués syndicaux représentatifs. À défaut : élu CSE mandaté par OSR, élu non mandaté sur sujets de sa compétence, ou référendum aux 2/3 dans les TPE. Validité = signature par OSR ayant recueilli plus de 50 % aux dernières élections. Si seulement 30 %, possibilité de validation par référendum. Dépôt obligatoire sur TéléAccords pour entrée en vigueur.Art. L. 2232-12 et s. C. trav. · Art. L. 2232-21 et s. C. trav. (TPE) · Art. D. 2231-2 C. trav. (TéléAccords)
Qu'est-ce qu'un accord de performance collective et quelles en sont les conséquences pour le contrat ?
APC : aménagement de la durée du travail, organisation, rémunération (dans le respect des minima), mobilité interne, pour répondre aux nécessités de l’entreprise ou préserver l’emploi. Ses stipulations se substituent de plein droit aux clauses contractuelles incompatibles, sans accord du salarié. Délai de refus : 1 mois. Refus = licenciement sur motif spécifique APC, sans démonstration de cause économique distincte. Motif contestable néanmoins.Art. L. 2254-2 C. trav.
Que faire à réception d'une saisine prud'homale ?
À réception d’une convocation au bureau de conciliation et d’orientation (BCO) : compiler le dossier (lettre, convocation, attestations, mails), saisir le conseil, chiffrer le risque (barème Macron, indemnités annexes), envisager une transaction si justifié. Le BCO peut concilier avec barème spécifique. À défaut, renvoi devant le bureau de jugement (délai 6 à 18 mois), échange de conclusions et de pièces.Art. L. 1411-1 et s. C. trav. · Art. R. 1454-1 et s. C. trav. (procédure) · Art. L. 1235-1 C. trav. (barème conciliation)
Comment sécuriser la responsabilité du dirigeant par une délégation de pouvoir ?
La délégation de pouvoir transfère du dirigeant vers un préposé la responsabilité pénale sur un champ déterminé (sécurité, hygiène, durée du travail, RGPD). Trois conditions cumulatives : autorité (pouvoir hiérarchique réel), compétence (formation, expérience), moyens (budget, équipe). Précise, écrite, acceptée. Délégation valable = exonération du dirigeant ; délégation fictive = responsabilité personnelle maintenue. Subdélégation admise sous les mêmes conditions.Cass. crim., 11 mars 1993, n° 90-84.931 (3 conditions) · Cass. crim., 26 mai 1994, n° 93-83.180 (subdélégation)
Qu'est-ce que la BDESE et quelles informations doit-elle contenir ?
Base mise à disposition en permanence au CSE dès 50 salariés. Structure les informations des trois consultations récurrentes. Contenu fixé par accord ou rubriques supplétives (investissement, fonds propres, endettement, rémunérations, transferts financiers). Depuis 2021, volet environnemental obligatoire. Doit être actualisée et accessible. Insuffisance = expertise et report du délai d’avis du CSE.Art. L. 2312-18 et s. C. trav. · Art. L. 2312-36 C. trav. (volet environnemental) · Art. R. 2312-8 et s. C. trav. (rubriques supplétives)
Quel cadre juridique pour le télétravail ?
Mis en place par accord collectif, ou charte après avis CSE, ou à défaut accord individuel formalisé. À préciser : conditions de passage et de retour, acceptation, contrôle du temps, plages de joignabilité, accès salariés handicapés et femmes enceintes. Mêmes droits que les autres salariés. Prise en charge des fraispar l’employeur. Accident pendant le télétravail : présumé accident du travail.Art. L. 1222-9 et s. C. trav. · ANI du 26 nov. 2020 (étendu) · Art. L. 411-1 CSS (présomption AT)
Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de risques psycho-sociaux et de DUERP ?
L’employeur a une obligation de sécurité (prendre toutes les mesures nécessaires pour la santé physique et mentale). Le DUERP recense les risques, mis à jour annuellement. Les RPS (stress, harcèlement, charge mentale, isolement) doivent y figurer. Consultable par CSE, inspection, médecin du travail. Manquement : faute inexcusable (AT/MP), dommages-intérêts pour préjudice d’anxiété, sanctions administratives, responsabilité pénale du dirigeant.Art. L. 4121-1 et s. C. trav. · Art. R. 4121-1 et s. C. trav. (DUERP) · Cass. soc., 11 sept. 2019, n° 17-24.879 (préjudice d'anxiété)
Que faire en cas d'accident du travail ?
Présomption d’accident du travail si lieu et temps de travail. Déclaration à la CPAM sous 48 heures, réserves motivées possibles dans les 10 jours. Pendant la suspension : protection contre le licenciementsauf faute grave non liée ou impossibilité de maintenir le contrat. Manquement à l’obligation de sécurité ayant causé l’accident = faute inexcusable, indemnisations majorées. Actualisation du DUERP indispensable.Art. L. 411-1 CSS · Art. L. 441-2 CSS (déclaration) · Art. L. 1226-9 C. trav. (protection)
Qu'est-ce qu'une rupture conventionnelle collective (RCC) ?
Dispositif distinct du PSE : départs volontaires sans cause économique à justifier, organisés par accord collectif majoritaire. À prévoir : nombre maximal de départs, éligibilité, modalités, mesures d’accompagnement (reclassement, formation, indemnités majorées). Validation par Dreets. Ouvre droit à l’allocation chômage. Salariés protégés : autorisation préalable de l’inspection du travail.Art. L. 1237-19 et s. C. trav. · Art. L. 1237-19-1 C. trav. (validation Dreets)
Comment se caractérise la faute inexcusable de l'employeur et quelles en sont les conséquences financières ?
Caractérisée quand l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les mesures. Conséquences : majoration de la rente (à la charge de l’employeur, récupérée par cotisations supplémentaires), indemnisation intégrale des préjudices personnels du salarié. Action devant le pôle social du TJ, prescription 2 ans. Couverture possible par RC d’entreprise.Art. L. 452-1 et s. CSS · Cass. ass. plén., 24 juin 2005, n° 03-30.038
Qu'est-ce que le délit d'entrave et comment l'éviter ?
Atteinte à la mise en place ou au fonctionnement régulier des IRP : refus d’élections, défaut de PV de carence, défaut de convocation, manquement BDESE, défaut de consultation obligatoire. Sanctions : amende 7 500 €personne physique (jusqu’à 37 500 € personne morale), suspension du projet en référé, dommages-intérêts. Prévention : calendrier annuel des consultations, traçabilité des informations, vérification avant tout projet structurant.Art. L. 2317-1 C. trav. · Art. L. 2328-1 C. trav.
Quelles sont les conséquences du travail dissimulé pour l'entreprise ?
Caractérisé par dissimulation d’activité (défaut d’immatriculation), de salarié (DPAE, bulletin, heures), ou recours à plateforme sans obligations sociales. Sanctions : pénales (3 ans, 45 000 €personne physique, jusqu’à 225 000 € personne morale), civiles (indemnité forfaitaire de 6 mois pour le salarié), administratives (annulation des aides 5 ans, redressement URSSAF avec majorations). Donneur d’ordresolidairement responsable s’il manque à son devoir de vigilance.Art. L. 8221-1 et s. C. trav. · Art. L. 8223-1 C. trav. (indemnité 6 mois) · Art. L. 8222-1 et s. C. trav. (vigilance donneur d'ordre)
Quelle est la procédure complète à suivre lorsqu'un salarié est déclaré inapte ?
Après l’avis : 1 mois pour proposer un reclassement compatible avec les préconisations médicales, sauf dispense écrite expresse du médecin du travail. Consultation CSE obligatoire. À défaut de reclassement ou avec dispense : licenciement pour inaptitude, procédure du motif personnel (convocation, entretien, notification). Indemnité majorée (doublée) si origine professionnelle, avec indemnité compensatrice de préavis. Méconnaissance d’une étape = licenciement sans cause réelle et sérieuse.Art. L. 1226-2 et s. C. trav. · Art. L. 1226-10 et s. C. trav. · Art. L. 1226-12 C. trav. (consultation CSE) · Art. L. 1226-14 C. trav.

Pratique générale.

6 questions

Comment trouver ma convention collective et savoir si elle s'applique ?
La convention collective doit figurer sur votre bulletin de paie. Elle s’identifie par son IDCC (identifiant à 4 chiffres) ou son intitulé. Texte intégral consultable gratuitement sur KALI / Légifrance. Application si l’employeur entre dans son champ (activité principale, code NAF, périmètre géographique) et qu’il y est lié - par adhésion patronale, ou par extension réglementaire qui la rend obligatoire pour toutes les entreprises de la branche.Art. R. 3243-1 C. trav. · Art. L. 2261-15 C. trav. (extension)
Quelles indemnités au-delà de l'indemnité légale de licenciement ?
L’indemnité légale est un plancher. La convention collective peut prévoir une indemnité conventionnelle plus favorable, qui s’applique alors. En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, s’ajoute l’indemnité prud’homale du barème Macron ; en cas de nullité, au moins six mois sans plafond. Autres indemnités cumulables selon la situation : préavis, congés payés, travail dissimulé (6 mois), non-respect de la procédure, préjudice moral distinct.Art. L. 1234-9 C. trav. · Art. L. 1235-3 C. trav. · Art. L. 1235-3-1 C. trav. · Art. L. 8223-1 C. trav.
Qu'est-ce qu'une transaction et quand y recourir ?
Contrat par lequel les parties terminent ou préviennent une contestation par des concessions réciproques (art. 2044 C. civ.). En droit du travail, conclue nécessairement après la rupturedu contrat, avec des concessions identifiables et non dérisoires. Elle a entre les parties l’autorité de la chose jugée en dernier ressort et emporte renonciation aux actions sur les chefs de litige expressément réglés. Une transaction nulle (rédigée avant la rupture, sans concessions, ou portant sur des droits indisponibles) est sans effet.Art. 2044 et s. C. civ. · Art. 2052 C. civ.
Comment fonctionne la prescription des actions en droit du travail ?
Délais de rigueur. Contestation de la rupture du contrat (licenciement, rupture conventionnelle, prise d’acte) : 12 mois (L. 1471-1). Action en paiement de salaires, heures supplémentaires ou primes : 3 ans (L. 3245-1). Discrimination ou harcèlement (action en réparation) : 5 ansà compter de la révélation (L. 1134-5). Passés ces délais, l’action est irrecevable.Art. L. 1471-1 C. trav. · Art. L. 3245-1 C. trav. · Art. L. 1134-5 C. trav.
Une clause de non-concurrence est-elle valable sans contrepartie financière ?
Non. Depuis les arrêts du 10 juillet 2002, quatre conditions cumulatives : protection d’un intérêt légitime, limitation dans le temps et dans l’espace, prise en compte des spécificités de l’emploi, et contrepartie financière. À défaut, la clause est nulle et le salarié peut prétendre à des dommages et intérêts. La contrepartie doit en outre être non dérisoire - à défaut, la clause est également nulle.Cass. soc., 10 juill. 2002, n° 00-45.135 · Cass. soc., 15 nov. 2006, n° 04-46.721
Le forfait jours est-il valable même sans accord collectif ?
Non. Validité subordonnée à un accord collectif (branche ou entreprise) prévoyant les conditions de mise en œuvre et comportant des garanties suffisantes: suivi de charge, droit à la déconnexion. À défaut, le forfait est privé d’effet et le salarié peut prétendre au paiement des heures supplémentaires (prescription de 3 ans).Art. L. 3121-58 et s. C. trav. · Cass. soc., 29 juin 2011, n° 09-71.107

Pour aller plus loin.

Si votre situation appelle un examen circonstancié, qui suppose l’analyse des pièces et de la procédure, écrivez à Maître Frech en précisant votre qualité et la nature de votre demande. Le glossaire du site précise les notions évoquées dans cette FAQ. Le calculateur d’indemnités produit une estimation chiffrée immédiate selon votre ancienneté et votre convention collective.